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2 (1863)
Entstehung
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335
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de l'allemagne. 335

Revêtu de tous les ornements pontificaux, la triple cou-ronne sur le front et entouré dun état-major de cha-peaux rouges et de mitres dévêque, de chasublesétincelantes dor et de pierreries, et de frocs de moinesde toutes les couleurs, ma Sainteté, debout sur unbalcon richement orné de tapis de Perse, se seraitmontrée à la foule innombrable prosternée à genoux,la tête baissée, bien en bas sous mes pieds, et fourmil-lant au loin, à perte de vue et jaurais tranquillementétendu mes deux mains et donné la bénédiction à lacité de Rome et au globe entier, XJrbi et orbi.

Mais, comme tu le sais bien, cher lecteur, je ne suispas devenu pape ni cardinal non plus, pas même un toutpetit chanoine, et de même que dans la hiérarchie dumonde je nai gagné dans celle de lÉglise ni places nidignités. Je ne suis, comme disent les gens, arrivé à riensur cette belle terre ; je ne suis devenu rien, rien quunpoète. Mais non, je ne veux pas mabandonner à unehumilité hypocrite et déprécier ce beau nom de poète.On est beaucoup quand on est poète, et surtout quandon est un grand poète lyrique en Allemagne, parmi cepeuple qui en deux choses, la philosophie et la poésielyrique, a surpassé toutes les autres nations. Je ne veuxpas, avec la fausse modestie inventée par les gueux,renier ma gloire. Aucun de mes collègues na conquis lelaurier de poète à un âge aussi jeune que moi, et si moncompatriote Wolfgang Goethe chante avec complai-sance, «que le Chinois, dune main tremblante, peint