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2 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

jeune assaillant va encore se rompre le cou fontre sescréneaux. Gomme penseur je n’ai jamais pu refuser monadmiration à l’enchaînement ingénieux et conséquentde tout ce système religieux et moral qu’on nommel’Église catholique, apostolique et romaine ; aussi puis-jeme vanter de n’avoir jamais, par la raillerie et le persi-flage, attaqué ni son dogme ni son culte, et l’on m’a faità ht fois trop d’honneur et trop de déshonneur en m’ap-pelant un parent de Voltaire par l’esprit. Je fus toujourspoète , poète véritable, et c’est pourquoi la poésie quifleurit et brille dans les symboles du dogme et du cultecatholiques a dû se révéler à moi bien plus profondé-ment qu’à d’autres. De la sorte j’étais souvent, moiaussi, dans ma jeunesse, enivré par la douceur intimeet infinie de la poésie spiritualiste du catholicisme, et ladélirante joie sépulcrale, la volupté de la mort, qui ydomine, me faisait souvent frissonner d’ineffables dé-lices. Moi aussi, je m’exaltais alors pour la sainte Vierge,la reine des anges, la Vénus immaculée des cieux, jemettais en vers coquets les légendes de sa grâce divineet de sa miséricorde sans bornes; et mon premier re-cueil de poésies contient de cette belle époque maintestraces enthousiastes de mon adoration pour la madoneque j’ai effacées toujours avec un soin mesquin dans lesrecueils suivants.

Les années de la vanité sont passées, et je permets àchacun de sourire de ces aveux.

Je n’ai sans doute pas besoin de dire expressément