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2 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

neur non mérité de se figurer que j’étais devenu un descroyants les plus illuminés, un des élus les plus ferventsde l’église évangélique, moi qui étais auparavant un deses membres les plus tièdes, il se répandit aussi le bruitque j’avais embrassé la foi catholique; bien des bonnesâmes assuraient même que cette conversion avait déjàeu lieu il y a de longues années, et elles appuyaientleur dire par l’indication des détails les plus circon-stanciés : elles précisaient la date et désignaient par sonnom l’église où j’aurais abjuré l’hérésie du protestan-tisme et où je serais entré dans le giron de l’église ca-tholique, apostolique et romaine. Il ne manquait à leursrécits que l’indication du grand nombre de coups decloche dont le sacristain m’aurait gratifié à celte solen-nité. Combien ce conte édifiant avait gagné de consis-tance, c’est ce que je vois par des journaux et des lettresqui me parviennent de mon pays, et je ne sauraisexprimer l’embarras tragi-comique où je me trouve par-fois envoyant quelle affectueuse et béate joie, quelletouchante charité la prétendue bonne nouvelle faitéclater dans plus d’une des missives qu’on m’adresse.Plusieurs voyageurs m’ont raconté que ma conversionmiraculeuse fournit même en quelques endroits matièreà l’éloquence de la chaire. Des séminaristes de talentdésirent mettre sous mon patronage leurs premiersessais d’homélies, leurs poésies sacrées et leurs élucu-brations sur l’histoire ecclésiastique. On voit en moi unefuture lumière de l’Église. Je ne saurais me moquer de