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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
Le récit qui va suivre présente à peu près le mêmecaractère. — Un jeune chevalier qui, en compagnie dequelques amis, jouait à la paume dans une villa près deRome, ôta son anneau qui le gênait, et le plaça au doigtd’une statue, afin qu’il ne se perdît pas. Le jeu ayantcessé, le jeune homme revint à la statue, qui repré-sentait une déesse païenne; mais, quel ne fut pas soneffroi ! le doigt de cette femme de marbre s’était recourbé,et il ne pouvait retirer son anneau qu’en lui brisant lamain, ce qu’une pitié secrète l’empêcha de faire. Il cou-rut conter cette merveille à ses compagnons, les invitantà venir juger de l’événement par leurs propres yeux;mais, à peine revenu avec eux près de la statue, il s’a-perçut que le doigt de celle-ci s’était redressé, et quel’anneau avait disparu. Quelque temps après, notre che-valier se décida à recevoir le sacrement dn mariage, etses noces furent célébrées; mais la nuit même du ma-riage, au moment où il allait se coucher, une femmequi, par sa taille et par ses traits, ressemblait parfaite-ment à la statue dont nous venons de parler s’avançavers lui et lui dit que l’anneau placé à son doigt les avaitfiancés, et qu’il lui appartenait désormais comme épouxlégitime. En vain le chevalier se défendit contre cettesingulière assertion : la femme païenne se plaça entrelui et celle qu’il avait épousée, toutes les fois qu’il voulutapprocher de cette dernière, en sorte qu’il dut celte nuit-là renoncer à toutes les joies nuptiales. Il en fut de mêmepour la seconde et la troisième nuit. Le chevalier devint