DE L’ALLEMAGNE.
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toute la troupe fut arrivée avec les femmes et les enfantsprès de la traversée, où tout se pressait, une vieillefemme ne put aller plus loin. Mais, comme elle ne vou-lait pas tomber entre les mains des ennemis, les Saxonsl’enterrèrent vivante dans un monticule de sable, prèsBelmanscamp, en lui disant : « Cache-toi, cache-toi; le« monde te va mal, tu ne peux plus suivre la débâcle.»
On dit que la vieille femme vit encore.
Les frères Grimm racontent cette histoire dans leurstraditions allemandes. J’aurai encore souvent à citer lesrecherches zélées et consciencieuses de ces dignes sa-vants. Les services qu'ils ont rendus à la langue et auxantiquités allemandes sont inappréciables. Ces hommesont plus fait que toute votre Académie française, depuisRichelieu. Jacques Grimm est sans égal dans son genre.Son érudition est colossale comme une montagne et sonesprit est frais comme la source qui en jaillit.
Paracelse est une des minières principales pour larecherche des croyances populaires de l’ancienne Ger-manie. J’ai déjà fait mention de lui plusieurs fois. Sesouvrages sont traduits en latin, non pas mal, mais d’unemanière incomplète. La version originale est difficile àlire; le style en est abstrus, mais çà et là apparaissentde grandes pensées exprimées grandement. C’est unphilosophe de la nature dans le sens actuel du mot. Ilne faut pas toujours prendre sa terminologie dans lasignification traditionnelle. Dans sa doctrine des espritsélémentaires, il emploie les mots: nymphes, ondines,