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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
de druide, et le pain de tous les jours porte encore lesigne de la religion germanique. Quel profond contrasteoffre ce pain véritable avec ce. pain simulé, sec et dé-pourvu de sucs nourriciers, dont nous repaît le cultespiritualiste !
Non! les souvenirs des antiques croyances germa-niques ne sont pas encore entièrement éteints. Il existe jen Westphalie des vieillards qui savent encore où sontenfouies les vieilles idoles. A leur lit de mort, ils ledisent à leur dernier petit-fils, et celui-ci porte ce secretsacré dans son cœur, comme un trésor. En Westphalie,la Saxonie des anciens, n’est pas mort tout ce qui estenterré. Quand on y parcourt les vieux bois de chênes,on entend encore des voix des anciens siècles, encoreles profondes paroles magiques dans lesquelles couleplus de vie que dans toute la littérature de la Marche deBrandebourg. Un sentiment indéfinissable me fit Ires-saillir alors que j’errai sous les ombrages de sa vieilleforêt. Quand je passai devant le Siegbourg, mon guideme dit: C’est ici qu’habitait le roi Wittekind! et il sou-pira profondément. C’était un simple bûcheron, et ilportait une grande hache.
Je suis convaincu que cet homme se hat encore au-jourd’hui, s’il le faut, pour le roi Wittekind.Et mal-
heur au crâne sur lequel tombera sa hache saxonne !
Ce fut un jour malheureux pour l’Allemagne que celuiou le roi Wittekind fut battu à Engter par l’empereurCari. Dans sa fuite il se retira sur Ellerrbuch. Quand