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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
gin y voit du sublime, les esthétiques modernes de lanaïveté; mais, je l’ai déjà dit, toute règle de critique estici impuissante... La Bible est la parole de Dieu.
Il est pourtant un auteur qui me rappelle ce style pri-mitif de la Bible. Je veux parler de Shakspeare. Chezlui aussi le mot se présente parfois dans une sainte nu-dité qui fait frissonner. Dans les œuvres de Shakspearenous voyons souvent apparaître la vérité elle-même, dé-pouillée de tout vêtement d’emprunt. Mais ce n’est quepar moments, alors que le génie de l’art, sentant peut-être son impuissance, cède la place à la nature pour lareprendre ensuite avec d’autant plus de jalousie dans lescréations plastiques et dans l’habile enchaînement dudrame. Shakspeare est à la fois Juif et Grec, ou plutôtces deux éléments contraires, le spiritualisme et l’art, sesont fondus en lui pour former un tout d’un ordre supé-rieur.
Une pareille harmonie, un pareil mélange ne serait-ilpas la tâche de toute la civilisation européenne? Ce ré-sultat est encore bien loin de nous. Dans les dernierstemps, Wolfgang Goethe, l’Hellène, et avec lui tous sescoreligionnaires poétiques, ont manifesté leur antipathiecontre Jérusalem d’une manière qui lient de la passion.La partie adverse, qui n’a pas de grands noms à sa tête,mais seulement quelques criards comme le juif Menzel,le juif Pustkuchen, le juif Hengstenberg, n’en élève queplus aigrement ses clameurs pharisiennes contre Athè-nes et le grand païen.