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ŒUVRES DF, HENRI HEINE.
pays, s’ennuient partout, et reviennent chez eux avec undiarij of an ennuyée. C’est connue ce soldat à qui sescamarades avaient, pendant qu’il dormait sur le lit decamp, frotté les moustaches d’une certaine essence sen-tant plus fort mais non mieux que la rose. A son réveil,il fit l’observation que le corps de garde sentait mauvais;il sortit et revint aussitôt, soutenant que dehors il enétait de même, que le monde entier puait.
Un de mes amis qui revient de France, prétendait queles Anglais visitaient le continent pour fuir la cuisine gros-sière de leur patrie. Il ajoutait qu’aux tables d’hôte fran-çaises on ne voyait que de gros Anglais dévorant crèmes,vol-au-vent, ragoûts et autres mets aériens, avec cetappétit colossal qui chez eux s’était exercé sur des massesde rost-beef et de plum-pudding de Yorkshire, et qui,dit-il, finirait par ruiner tous les restaurants français.L’exploitation des tables d’hôte serait-elle réellement lemotif secret qui dirige les Anglais dans leurs lointainesexcursions? Nous rions de la légèreté avec laquelle ilsregardent les curiosités et les galeries, et peut-être cesont eux qui nous mystifient en se servant finement decette curiosité qui nous fait sourire, pour cacher leursintentions gastronomiques.
Mais si bonne que soit la cuisine française, on m’assureque la France n’en va pas moins fort mal, et n’est pasencore au terme de sa marche rétrograde. Les jésuitesfleurissent et chantent victoire. Ceux qui sont au pouvoirà cette heure, sont encore ces mêmes insensés dont les