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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
attente. Je ne vis qu’un vilain animal, dans le regardduquel il n’y avait nulle trace d’enthousiasme; même ily perçait quelque chose de louche et de faux, quelquechose d’intéressé et de rusé, je dirai même qu’il y avaitde l’industriel. Un jeune homme, un étudiant que jerencontrai, me dit que ce n’était point le véritable Mé-dor, mais un caniche intrigant, un chien du lendemain,qui se faisait nourrir et choyer, et exploitait la gloiredu vrai Médor, tandis que celui-ci, après la mort de sonmaître, s’était retiré modestement, comme le peuple quiavait fait la Révolution. — Le pauvre Médor, ajoutal’étudiant, erre peut-être maintenant dans Paris, affaméet sans gîte, comme maint autre héros de Juillet, car leproverbe qui dit qu’un bon chien ne trouve jamais unbon os, est ici en France d’une triste vérité, — on entre-tient ici dans de chauds chenils et on nourrit de lameilleure viande une meute de bouledogues, de chiensde chasse et d’autres aristocrates quadrupèdes; vousvoyez, reposant sur des coussins de soie, bien peigné etparfumé, et rassasié de biscuits, l’épagneul ou la petitelevrette, qui aboient contre tout honnête homme, maisqui savent flatter la maîtresse de la maison, et qui sontmême quelquefois initiés dans des vices humains. —Hélas ! de telles bêtes viles et immorales prospèrent dansnotre société, tandis que tout chien vertueux, tout chiende la vérité et de la nature, qui reste fidèle à ses con-victions, périt misérablement et crève galeux et couvertde vermine, sur un tas de fumier ! — C’est ainsi que