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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
Et bientôt arrivèrent en effet les nouvelles de la grandecatastrophe, des trois journées de Paris, où bourdonnaitde nouveau le tocsin de la colère du peuple. — Oncroyait entendre dans le lointain le clairon du jugementdernier. — Tout semblait présager l’arrivée de cettedébâcle universelle, dont les scaldes Scandinaves avaientîhanté jadis en tremblant et en claquant des dents; oui,on.eût pu s’imaginer voir déjà le gigantesque loup Ven-ris ouvrir sa gueule monstrueuse pour avaler la luned’un seul coup, ainsi que les terribles versets allitérésde l’Edda nous l’avaient annoncé. Mais il ne l’avalapourtant pas, et la bonne lune allemande luit encorejusqu’à cette heure aussi paisiblement et aussi tendre-ment que du temps de Werther et de Charlotte, de sen-timentale mémoire.
Les feuilles suivantes furent écrites quelques joursavant et quelques jours après la révolution de Juillet.Je les intercale ici comme un document propre à con-stater la disposition d’esprit dans laquelle cet événementtrouva l’Allemagne, où au découragement et à l’abat-tement le plus morne succéda immédiatement la con-fiance la plus enthousiaste en l’avenir. Tous les arbresde l’espérance refleurirent, et même les troncs les plusrabougris et qui étaient séchés depuis longtemps pous-sèrent de nouveaux bourgeons. Depuis que Luther avaitdéfendu ses thèses à la diète de Worms devant toutl’Empire rassemblé, aucun événement n’agita ma patrieallemande aussi profondément que la révolution de