DE LA FRANCE.
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sous leur veste grossière, portaient de nobles cœurs.Il paraît que les combattants du cloître Saint-Mcryétaient tous jeunes; mais sur d’autres points se trou-vaient aussi quelques vieillards. Parmi les prisonniersque je vis conduire par la ville, on en voyait quelques-uns à cheveux gris, et je fus surtout frappé par la phy-sionomie d’un vieillard qu’on emmenait avec quelquesélèves de l’école Polytechnique à la Conciergerie.Ceux-ci marchaient tète baissée, l’air sombre etmorne, l’âme déchirée comme leurs habits; le vieux,au contraire, qui avait, il est vrai, l’air pauvre et dix-huitième siècle, mais vêtu avec soin d’un habit râpécouleur noisette, veste et culotte pareilles, le toutcoupé à la dernière mode de 1793, avec un grandchapeau à trois cornes posé sur le côté de sa vieillepetite tête poudrée, allait le visage aussi insouciant,aussi satisfait que s’il se rendait à une noce. Derrièrelui courait une vieille femme tenant à la main unparapluie qu’elle paraissait lui apporter, et danschaque ride de ce visage féminin semblait se con-tracter une angoisse de mort, comme on la peutéprouver quand on entend dire qu’un objet de notreaffection va être traduit devant un conseil de guerre etfusillé dans les vingt-quatre heures. Je ne puis oublier