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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
ques-uns de ces républicains, voyant que la résistancedevenait inutile, coururent, la poitrine découverte, au-devant de leurs ennemis et se firent fusiller. Quand lecoin de la rue Saint-Méry fut pris, un élève de l’écoled’Alfort monta avec un drapeau sur le toit, cria Vivela république! et tomba percé de balles. Dans unemaison dont le premier étage était encore occupé parles républicains, les soldats entrèrent et coupèrent laretraite de l’escalier. Ceux-là qui ne voulaient pas tom-ber vivants entre les mains de leurs ennemis, se tuè-rent, et l’on n’emporta qu’une chambre pleine de ca-davres. On me raconta cette histoire dans l’égliseSaint-Méry ; l’émotion me força de m’appuyer contrele piédestal d’un saint Sébastien, et je pleurai commeun enfant. Tous les traits héroïques qui m’avaient tantfait pleurer alors que j’étais bien jeune me revinrentdans la mémoire, et je pensai surtout à Cléomène, roide Sparte, et à ses douze compagnons, qui couraientpar les rues d’Alexandrie en excitant le peuple à con-quérir sa liberté. Ne trouvant pas de cœur qui leur ré-pondissent, ils se tuèrent eux-mêmes pour échapperaux satellites de la tyrannie. Le bel Antéos fut le der-nier; il se pencha encore une fois sur Cléomène, sonami, l’embrassa, puis se précipita sur son épée.