étrangère, cela est fort naturel. Mais des républicainsallemands ! on en croit à peine ses yeux et ses oreilles;et pourtant nous voyons de cette sorte de républicainsici et en Allemagne.
Aujourd’hui encore, quand j’observe mes républi-cains allemands, je me frotte les yeux et me dis : Nerêves-tu pas? Puis je lis la Tribune allemande etautres feuilles semblables, et me demande : Quel estdonc le grand poète qui invente tout cela? Le docteurWirth et son brillant glaive d’honneur existent-ilsréellement? ou bien n’est-ce qu’une figure fantastiquede Tieck ou d’Immermann? Mais alors je sens bienque la poésie ne s’égare pas à de telles hauteurs, quenos grands poètes ne peuvent imaginer des caractèressi imposants et que le docteur Wirth vit en chair eten os, errant, mais brave chevalier de la liberté,comme l’Allemagne en a peu vu depuis les joursd’Ulrich de Hutten.
Est-il bien vrai cpie le paisible pays des rêves ait prisvie et mouvement? Qui l’eût pu croire avant juillet-1830? Goethe, avec ses chants, de nourrice; les pié-tistes, avec leur ton ennuyeux de livres de prières; lesmystiques, avec leur magnétisme, avaient complète-ment endormi l’Allemagne, et tout, sur cette immense