Périer montre dans l’acte le moins important une cer-taine pesanteur, déploie toutes ses forces à propos dela mesure la plus insignifiante, et met en mouvementtoute sa cavalerie et son infanterie spirituelle et réelle;enfin, quand il veut toucher les cordes les plus déli-cates, il gesticule avec autant d’effort que s'il tendaitl’arc d’Ulysse. J’ai caractérisé plus haut ses discours.Canning était aussi l’un des plus grands orateurs deson temps. On lui reprochait seulement un langagetrop fleuri, trop paré. Mais il n’a certainement méritéce reproche que dans sa première période, à l’époqueoù, dans une position dépendante encore, il ne pou-vait exprimer son opinion personnelle et comblait cevide par des fleurs oratoires, des arabesques spirituelleset des traits brillants. Son langage n’était pas alorsune épée, mais seulement le fourreau, œuvre d’untravail précieux, où l’or finement ciselé en guirlandeset les pierreries incrustées étincelaient de la façon laplus riche. Plus tard, il tira de ce fourreau la lamed’acier, droite et sans ornement, qui étincelait aussiavec autant de magnificence et qui avait au moinsassez de pointe et de tranchant. Il me semble voir en-core les figures pleureuses assises en face de lui, surtoutle ridicule sir Thomas Lethbridge, qui lui demandait,
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