DE LA FRANCE.
SI
Je viens d’employer le mot maître des cérémonies.Je me rappelle que Wolfgang Menzel a, dans sa fri-volité spirituelle, appelé Lafayette le maître des céré-monies de la liberté, quand il parlait dans le Literatur-Blatt de sa marche triomphale à travers les États-Uniset des députations, adresses et discours solennels quise succédèrent en ces occasions. D’autres gens, moinsspirituels, s’imaginent à tort que Lafayette n’est qu’unvieillard qu’on place en montre ou qu’on emploiecomme une machine. Mais ces gens n’auraient qu’càlevoir une seule fois à la tribune pour reconnaître aisé-ment que ce n’est pas un simple étendard qu’on suit,ou auquel on prête serment; mais qu’il est toujourslui-même le gonfalonnier dont les mains portent labannière, l’oriflamme des peuples. Lafayette est peut-être l’orateur le plus important de la Chambre desDéputés actuelle. Quand il parle, il frappe toujours leclou sur la tête , et il fait de même à ses ennemis.L’une des grandes questions de l’humanité s’agitc-t-clle, Lafayette ne manque pas de se lever, ardent aucombat tout comme un jeune homme. Le corps seulest faible et tremblant, brisé par l’âge et par les luttesdu temps, comme une vieille armure de fer hachée et