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PREFACE.
la Gazette d’Augsbourg. Celle,-ci, qui mérite si bien l’auto-rité si réputée dont elle jouit, et qu’on pourrait nommer laGazette universelle de l'Europe, m’a paru, en raison docetto autorité et de son immense débit, la feuille la plusfaite, pour des articles qui n’avaient en vue que la connais-sance du présent. Si nous arrivons à ce point, que la grandemasse comprenne le présent, les peuples ne se laisserontplus exciter à la haine et à la guerre par les écrivains ser-viles de l’aristocratie ; la grande confédération des peuples, lasainte-alliance des nations se formera ; nous ne serons plusforcés, par défiance mutuelle, de nourrir des armées per-manentes de meurtriers au nombre de quelques centainesde mille; nous utiliserons au profit de l’agriculture leursglaives et leurs chevaux, et nous aurons enfin paix, aisanceet liberté. Ma vie restera consacrée à cette mission : C’estmon emploi à moi. La haine de mes ennemis peut servir dogarant que j’ai rempli jusqu’à ce jour cet emploi fidèlementet avec honneur. Je me montrerai toujours digne de cettehaine. Mes ennemis ne prendront pas le change, lors mêmeque mes amis, au milieu du tumulte des passions, en vien-draient à tenir pour tiédeur mon calme raisonné. Sans douteceux-ci me mécCnnaîtront moins aujourd’hui que naguère,alors qu’ils croyaient toucher au but de leurs vœux et quel’espérance de la victoire enflait leurs voiles. Je ne pris au-cune part à leurs folles illusions, mais j’en prendrai toujoursà leur malheur. Je ne rentrerai point dans ma patrie, tantqu’un seul de ces nobles fugitifs, qu’un enthousiasme tropsublime a empêchés d’écouter la raison, languira sur la terreétrangère et dans l’affliction. Je mendierais une croûte depain auprès du Français le plus pauvre, plutôt que deprendre du service sous ces orgueilleux protecteurs, dansla patrie allemande, ces hommes qui tiennent la modérationde la force pour lâcheté, ou même pour un prélude dotransition au servilisme, et considèrent notre plus bello