je me sens très-honoré, je fus chargé de recueillir toutesces richesses littéraires, de les classer, de les compulseravec soin et d’en faire part au public, je n’éprouvai aucunesurprise en trouvant, à côté de poésies inédites, un exem-plaire de la France corrigé de la main de l’illustre mou-rant. Le poète qui sentait sa fin approcher avait eu assezde sang-froid, d’empire sur soi-même et de laborieuse intré-pidité pour parcourir d’un bout à l’autre cette œuvre, quidate des premières années de son séjour en Françe. 11 yavait introduit quelques changements, fait quelques sup-pressions, ajouté de nouveaux passages. En un mot, il avaitpréparé une édition nouvelle, et il semble que la mort aitattendu qu’il eût fini son travail pour réclamer sa hauteproie.
Mon premier soin, on le conçoit, est de poursuivre pieu-sement l’idée d’Henri Heine et de présenter au public unlivre qu’il lui avait destiné lui-même. J’y ai joint quelqueslettres écrites en ! 838 à M. Auguste Lewald, directeur de laRevue théâtrale à Stuttgart. Ces lettres, rédigées primiti-vement en allemand, furent traduites en français et publiéespar le poète dans la Revue du dix-neuvième siècle, recueilqui s’imprimait alors à Paris. Henri Heine voulait les joindreau livre de la France , et je ne fais à cet égard que suivresa pensée en les faisant imprimer de nouveau corrigéescomme elles l’ont été par l’auteur. Quant à la place qu’ellesoccupent, j’ai cru devoir la leur donner et les mettre à lasuite des lettres adressées en 1832 à la Gazette universelled’Augsbourg, d’abord parce qu’elles leur sont postérieures,