— 147 —
apprend que certaines familles étaient représentées dans plusieurs lignages, que,par exemple, les Hertoghe figurent dans ceux de Leeuw, de Serroelofs et deCoudenberg; les Buijsinghen (ou Buijseghem) dans ceux de Leeuw, de Steenweget de Coudenberg; les Collaij dans ceux de Serroelofs et de Coudenberg; les vander Noot dans ceux de Clutinc et de Steenweg; les Chitine dans le lignage de leurpropre nom et dans ceux de Weert et de Rodenbeke ; qu'un Serhuijgs était inscritau lignage de Coudenberg, etc., etc. (1).
La conclusion des observations que l'on vient de lire, c'est qu'en nous enrapportant exclusivement aux données héraldiques des sceaux médiévaux, pourconstater le lignage représenté par un personnage, nous risquerions fort de nousmettre à côté de la vérité, puisque l'exception est aussi fréquente que l'observationde la règle, ou, mieux, que l'arbitraire le plus absolu régnait en maître dans lechoix des lignages, jusqu'en 1376, et, peut-être, encore plus tard. Ne voyons-nouspas, pour nous en tenir à un seul exemple, longtemps après cette époque, lesmembres d'un lignage demander à ceux du lignage de Weert d'inscrire parmi lessiens un van der Noot, sous prétexte (|ue celui-ci n'a pas encore obtenu sonadmission dans un des sept lignages!
*
* *
L'examen des sceaux bruxellois et des planches armoriées de l 'Histoire de laVille de Bruxelles nous fait connaître les principes qui régissaient, en cette ville,le port d'armoiries et les modifications qu'on y apportait à celles-ci.
Ces principes, les voici, dans leurs grandes lignes :
A. Les personnes appartenant au lignage de leur nom en portent les armoiries,pleines, s'ils sont chefs de famille, brisées, s'ils sont cadets. Les brisures sontsouvent empruntées au blason d'un autre lignage, ou famille, allié, ou consistenten la combinaison des armes lignagères avec celles de cette autre famille.
C'est ainsi qu'un Clutinc brise les siennes, en cœur, d'un écusson de Leeuw;un Coudenberg : d'un franc-quartier de Leeuw, aux émaux intervertis; un autreCoudenberg écartèle de Bolibuc et de Coudenberg, semé des billeltes de Serroe-lofs; un Leeuw porte un franc-quartier, chargé d'une tour, qui est, peut-être,empruntée aux armes de Coudenberg.
Le lignage de Serroelofs : Hertewijc, Hertoglie, Hondeloeze, Huldenberghe, Cassaert, Collay,Coninc, Loeze, Mol, Serclaes, Stalle, Wassaert, etc. ;
Le lignage de Rodenbeke : Hertewijc, Clutinc, Meerte, Woluwe;
Le lignage de Coudenberg : Buijseghem, Estor, Hertoghe, Collaij, Coudenberg, Rolibuc,Serhuijgs, Servrancx, Stalle, Taije, etc.
(1) La liste complète ss trouve reproduite dans 1' 'Histoire de Bruxelles, T. I, p. 158-160.