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1 (1898)
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Familles portant les mêmes armoiries.

On est assez tenté, en général, de croire issues d'une même souche lesfamilles portant des armoiries semblables, surtout quand elles sont originaires dele même région. Cela peut être vrai dans bien des cas, mais souvent il n'en est rien.

De même que des membres d'une famille se servaient d'armoiries tout à faitdistinctes, île même aussi beaucoup de familles d'une région avaient adopté desemblèmes identiques, ce qui a amené les généalogistes à les rattacher, d'une façonarbitraire, à un auteur commun, d'une existence parfois très problématique. Enréalité, celte identité d'armoiries s'explique fréquemment par une préférencemarquée, dans certains pays, pour l'un ou l'autre emblème figurant, peut-être,comme prototype sur le bouclier et la bannière de quelque grande famille. Aumoyen âge, chacun choisissant ses armoiries à son gré, 011 s'inspirait souvent decelles d'un puissant voisin, et il advint ainsi que les officiers de justice, échevins,vassaux et tenanciers prirent l'un ou l'autre meuble héraldique de leur souverain,suzerain, seigneur, etc.

N'avons-nous pas constaté, plus haut, des exemples nombreux de ce genre?N'est-ce pas 1111 fait acquis que presque tous les échevins d'Aerschot scellèrent destrois fleurs de lis, au pied coupé, des anciens seigneurs de cette terre? qu'un grandnombre d'échevins de Meusden et de Malines introduisirent dans leurs écus lesmeubles de leurs anciens maîtres et que beaucoup de vassaux se servirent, parfoismême sans brisure apparente, des armes pleines des familles auxquelles ellesobéissaient ?

Avant donc de tirer une conclusion quelconque de l'identité des armoiries dedeux familles, fussent-elles de la même région, il convient d'examiner de très prèsl'histoire de celles-ci, sous peine de commettre de graves erreurs.

Pour faciliter les recherches, nous allons grouper quelques familles portant lesmêmes blasons, en énumérant, de préférence, des armoiries plus ou moins carac-téristiques, ou étant considérées comme telles, dont les unes appartiennent d'unefaçon spéciale à des régions bien déterminées et dont d'autres, au contraire, serencontrent un peu partout.

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Plain, au chef plain. Le champ ou le chef—parfois tousdeux — se trouve souvent chargé de l'un ou de l'autre meuble,qui, en bien des cas, n'est que brisure. C'est ainsi queClukinc de Keeken, en 1557, brise d'un lambcl brochant,tandis qu'Anselme de Keeken, et son frère Jean, en 1567,chargent le chef de trois roses.