Au xvi e , cl même encore au xvu c siècle, on choisissait quelquefois commetenant le saint patron dont on portait le nom, et des personnages au prénom deJacques faisaient tenir leur écu par un pèlerin, allusion aux pèlerinages à Saint-Jacques de Compostelle (1).
En voici quelques exemples :
André Gouvion, homme de fief du Hainaut, en 1570, porte pour tenant : unSaint-André ;
Jacques Grumeau, en 1570 : un pèlerin;
Jean Guillemot, en 1620 : un Saint-Jean, suivi d'un agneau;
Christophe Hulin, en 1561 : un Saint-Christophe;
Michel des Moulins, en 1588 : un archange Michel;
Jacques du Quesne, en 1602 : un pèlerin;
Michel Storm, en 1502 : un Saint-Michel, terrassant le démon.
*
* *
Du cri.
Le cri se rencontre rarement sur les sceaux du moyen âge. Le seul exempleque nous ayons à citer est offert par le sceau du chevalier Jean de Lor, de 1571,qui criait : Jaeyjoye.
On peut, semble-t-il, considérer comme initiales du mot constituant le cri deguerre les lettres © 51 (Gavere) qui se remarquent dans le champ du sceau deliasse, sire de Gavre, appendu à un acte de 1294-95, les deux £5 qui accostentle casque du Frater Steplianus de Zemlinio, sur un sceau employé, en 1557, parun personnage qui se dit Clans die Hongher et qui était dépourvu d'un propresceau, et le b dans le sceau du duc Jean de Brabant.
Parfois, le cimier est accosté d'objets allégoriques auxquels on a donné le nomde cri de corps sans âme. Ils symboliseraient le cri de guerre, mais il fautreconnaître que les exemples dont nous aurons à parler ne sont pas précisémentd'une interprétation aisée dans cet ordre d'idées :
Jacques, sgr. de Gaesbeek, etc., accoste son heaume de deux bourrelets (1452,n. st.); Jean, sire d'Héverlé (1585), de deux ; Roland van Berchem (1524)et Florent van Berchem (xvn° s.), échevins d'Anvers, entourent le leur : dedeux paires de bésicles; Guillaume de Flandre, comte de Namur, accompagneson timbre de cinq feuilles dentelées (houx?) (1592) (2); Gilles Ileijvaert, feudataire
(1) Peregrinus, échevin d'Aerschot, en 1323 (n. st.), et Peregrinus, filius quondam Peregrinide Arscot , en 1329, portent dans le champ de leurs sceaux, sans écu, une coquille (S -G.).
(2) Voir deux autres sceaux avec cri de corps sans âme, dans Vrkdius, Geneal. comit.Flandr., I, p. 85.