LES REMEDES I39
amenfe. Des lors, dans la production de chaque marchan-dise, au Heu de comparer simplement les frais de productiona ceux de consommation, pour voir s'il convenait ou nonde faire la chose demandee, le capitaliste a 6t6 appel6ä calculer s'il ne pourrait point trouver sur les ouvriersproducteurs le pro fit que ne lui offraient pas les consom-mateurs.
C'est en mettant ainsi les producteurs en Oppositionavec eux-memes, qu'on leur a fait suivre une route dia-m£tralement contraire ä celle de l'interßt de la soci6te.Pour celle-ci, une manufacture ne vaut la peine d'ßtreexploitee que quand eile peut maintenir ses ouvriers dansun <§tat de tolerable aisance : pour le chef de la manufac-ture, il suffit qu'elle rapporte des profits, dussent sesouvriers languir et perir enfin de misere.
Les manufacturiers de coton ont reduit successivementleurs ouvriers, d'un salaire de vingt sous par jour, k quinze,, ä douze, et enfin ä huit sous. Leurs interßts ayant 6t& abso-lument separes de ceux de leurs ouvriers, ils n'ont euä s'occuper, en traitant avec eux, que des moyens des'assurer leurs Services au plus bas prix possible, au momentoü ils en avaient besoin; ils les renvoient dans leurs maladies,leur vieillesse ou dans les saisons mortes, pour que lacharite" publique, les hopitaux, en Angleterre la paroisse,pourvoient ä leur misörable oxistence. Ils luttent, deconcert les uns avec les autres, contre leurs ouvriers, ä quirejettera le plus completement ce fardeau sur la sociöte :chaque metier s'engage dans la m£me espece de lutte ;tous agissent pour l'interet de leurs corps contre l'interßtsocial, et chacun d'eux oublie qu'il devra ä son tour pour-voir par ses charites privees, par ses contributions aux