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Sismondi
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138 SISMONDI

fermiers et les petits propri£taires qui cultivent leurs petitesfermes de leurs mains, n'ont que faire des journaliers ; lesgrands propriötaires seuls en ont besoin pour leur üsage ;ils les ont faits, qu'ils les maintiennent. Bientöt ils trou-veraient que la maniere la plus economique de les mainte-nir serait de les faire rentrer dans le rang des proprietaires ;que le Systeme des grandes fermes n'est avantageux qu'enraison du partage injuste qui s'etait etabli entre celui quitravaille et celui qui fait travailler, et en raison de ce queles gages reels de ceux qui travaillent leur sont payes, nonpas seulement par ceux qui les fönt travailler, et quiavancent leur salaire journalier, mais par le reste de lasociete, qui est contrainte ä suppleer, dans tous les momentsde g£ne, ä la mediocrite de ce salaire. On verrait presqueim-mediatement l'amodiation parcellaire, et la vente en detaildes grands domaines, aujourd'hui si frequentes en France,succeder en Angleterre ä la r£union journaliere des petitesfermes aux grandes...

Le meme principe de solidarite entre celui qui travailleet celui qui fait travailler, peut s'£tendre ä l'industrie desvilles. Dans l'origine des societes, chaque homme possedele capital sur lequel son travail s'exerce, et presque tousles artisans vivent d'un revenu qui se forme egalement depro fit et de salaire. Le forgeron fournit lui-möme le feret le charbon qu'il met en ceuvre ; le cordonnier fournitses cuirs, le charron ses bois. La division des m^tiers nerendrait pas meme necessaire la s6paration des ouvriersd'avec les maitres : on voit des manufactures oü chacuntraite pour son compte les matieres premieres sur lesquellesil opere. Mais enfin, cette division des metiers, si eile n'apas force celle des conditions, l'a du moins naturellement