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Sismondi
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133
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LES REMEDES I33

ä leur seule jouissance, l'avantage du novateur cesserait,le marche' se resserrerait, et le travail serait seulementdevenu plus rüde pour tous...

Mais, dira-t-on, si tous les ouvriers d'une nation tra-vaillaient sept jours au lieu de six, ils feraient plus d'ouvrageet produiraient plus de richesse. Si chaque homme au lieude dix heures en travaillait douze ou quatorze par jour ;si au lieu de travailler ä la journee il travaillait ä la täche,et par consequent avec toute l'activite et le zele quel'interet peut lui faire mettre ä l'ouvrage ; si chaque enfantcommencäit des le plus bas äge ; si chaque vieillard conti-nuait jusqu'au dernier terme de la vieillesse, la productionen serait infiniment augmentee. C'est ainsi ä peu presqu'Arthur Young jugeait la France ä laquelle il reprochaitson oisivete, et qu'il calculait le temps perdu, ou plutötle temps gagne pour la jouissance, par les petits pro-prietaires, compares aux grands fermiers et aux journaliersd'Angleterre.

Ce sophisme tient ä l'oubli d'un principe essentiel quenous avons reconnu en faisant l'histoire de la formationde la richesse : l'homme travaille pour que l'homme serepose ; il faut toujours un repos correspondant au travailqui lui a pröpare ses jouissances. On doit au progres de lacivilisation d'avoir fait qu'un homme puisse se reposerpour dix, pour cent, pour mille ; c'est-ä-dire, d'avoir faitqu'en se reposant il puisse consommer en un jour ce qued'autres auront fait par dix, par cent, par mille journeesde travail.

Cette disproportion n'est ni le but de la soci£t£, ni celuide ]'6conomie politique et de la garantie donn£e auxrichesses; c'en est au contraire Tabus. Si vous privez