Druckschrift 
Sismondi
Entstehung
Seite
131
Einzelbild herunterladen
 

LES REMEDES I3I

seulement ä son entretien pendant l'activite, mais aussipendant la remission du travail: il doit pourvoir ä l'enfanceet ä la vieillesse comme ä l'äge viril, ä la maladie commeä la sante, et aux jours de repos necessaires au maintiendes forces, ou ordonnes par la loi ou le culte public, commeaux jours de travail.

Loin d'etre avantageux, il est contraire ä la prosperitede l'Etat d'encourager un travail dont le salaire ne pourvoitpas ä tous ces besoins divers. Ce travail nouveau fera tou-jours naitre une population qui consentira ä l'accomplir.Cette population malheureuse et souffrante sera toujoursinquiete et ennemie de l'ordre public ; eile sera aussi dange-reuse aux autres qu'ä charge ä elle-meme. Quand eileexiste, il faut bien la sauver du desespoir ; mais il faut segarder de l'appeler ä l'existence...

En general, on croit avoir fait quelque chose pour laprosperite d'une nation, quand on a trouve moyen d'em-ployer l'activite des enfants, et de les associer, des leurplus bas äge, au travail de leurs peres, dans les manufac-tures. Cependant, il resulte toujours de la lutte entre laclasse ouvriere et celle qui la paye, que la premiere donne,en retour du salaire qui lui est alloue, tout ce qu'elle peutdonner de travail sans depenr. Si les enfants ne travaillaientpoint, il faudrait que leurs peres gagnassent assez pour lesentrstenir, jusqu'ä ce que leurs forces fussent developpees ;sans cela les enfants mourraient en bas äge, et le travailcesserait bientöt. Mais depuis que les enfants gagnent unepartie de leur vie, le salaire des peres a pu fitre reduit. IIn'est point resulte de leur activitö une augmentation derevenu pour la classe pauvre, mais seulement une augmen-

E. HALfcVY 9 *