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Sismondi
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130 SISMONDI

et la faim menacent dejä, pendant que des annees d'inter-ruption ne feraient pas encore sentir au manufacturierles etreintes du besoin ? Et tandis que ces infortunes dis-putent un gage duquel depend leur vie et celle de leursenfants, et que dans leur desespoir ils respectent encore uneOrganisation qui les ecrase, des soldats et des archers lesveillent; ils attendent impatiemment le premier desordrepour les livrer aux tribunaux et les punir se>erement ; quisait meme si queques traitres ne se melent pas parmi euxpour les exciter au crime qu'on est si impatient de chätier ?

Les nations s'enrichissent quand elles augmentent leurrevenu, mais non pas quand le revenu de l'une de leursclasses est usurpe par l'autre : ellcs s'enrichissent quandelles vendent une plus grande quantite de leurs produitsau meme prix, parce qu'alors, produisant davantage, lerevenu du pauvre s'accroit aussi bien que celui du riche ;mais non pas quand le riche ne gagne que ce que le pauvreperd, quand le profit du commerce n'est autre chose que ladiminution du salaire. Lors mßme que la diminution duprix de la main-d'ceuvre pcrmettrait de donner plus d'6ten-due au commerce national, la production nouvelle qu'elleexciterait serait payee trop cherement, si eile faisait naitreune classe malheureuse et souffrante. II ne faut pointoublier que la richesse n'est que la representation desdouceurs et des commodites de la vie; et c'est prendre lemot pour la chose, que de creer une opulence factice encondamnant la nation ä tout ce qui constitue reellementla souffrance et la pauvrete\

Le salaire n'est pas seulement une compensation dutravail, calculee a tant par heure d'apres sa duree ; c'estle revenu du pauvre ; et en consequence il doit suffire non