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Sismondi
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114 SISMONDI

et quand l'Espagne et le Portugal, l'Amerique et les Indesont retranche leurs subsides, la detresse a et£ grande. Lesfamilles nobles ont en meme temps cong6die la plupartde leurs serviteurs, qui ne leur etaient plus necessairescomme autrefois pour soutenir leurs querelles; les couventsappauvris ont supprime une partie de leurs distributionsjournalieres. La population privee de toutes ses anciennesressources, ne trouvant ä sa portee ni l'industrie des villesni celle des campagnes, est repoussee vers une miseretoujours croissante ; eile mendie, mais les aumönes dimi-nuent; eile souffre, mais eile est menacee de souffrir bienplus encore; eile est destinee ä perir, et dejä ses habitations,les portiques sous lesquels eile s'abrite, les paves surlesquels eile se traine, se confondent dans leur ruine recenteavec les ruines antiques sur lesquelles la Rome d'aujourd'huis'etait elevee. La population urbaine s'accroit simultane-ment avec son desceuvrement et sa misere. C'est le secondfait economique que Rome presente au voyageur...

Nous ne croyons point etre descendus ä trop de dötailsdans cet apercu de l'histoire des propriet^s rurales autourde Rome, parce que nous sommes persuade qu'une ten-dance universelle en Europe nous menace des mßmescalamites, mßme aux lieux qui semblent aujourd'hui suivreun Systeme tout contraire ; seulement les Romains ontparcouru toute la carriere, tandis que nous y entrons äpeine. Cette tendance est celle de la centralisation. Leshommes sont aujourd'hui, plus que jamais admirateursde la force, de la puissance, de l'ordre ; ils croient les voirattaches ä une volonte unique et intelligente qui dirigetout. L'independance des petites nations a £te sacrifieela premiere a ce desir de grandeur ; eile succombe sous la