Druckschrift 
Sismondi
Entstehung
Seite
115
Einzelbild herunterladen
 

vues d'histoire economique et sociale 115

centralisation politique; tous les droits provinciaux ont 6t6sacrifies de m£me ä la centralisation 16gislative ; tous lesdroits municipaux ä la centralisation administrative ; tousles corps armes independants, toutes les milices locales,ä la centralisation militaire. Un meme principe domineaujourd'hui dans l'economie politique : lä aussi, on veutsoumettre toute industrie ä une volonte unique, eclaireeet rendue puissante par d'immenses capitaux; et l'on veutque tous les bras qui la servent agissent par une seuleimpulsion, sans que les totes de la multitude s'en melent.L'erection des grandes manufactures n'est autre choseque la centralisation de l'industrie, ou la suppressionde mätiers au profit des factories. La centralisation ducommerce s'opere au moyen de l'accumulation d'immensescapitaux, rendus plus disponibles encore par le credit;eile tend ä supprimer tous les marchands de province,tous les boutiquiers, et eile est secondee par tous les perfec-tionnements apportes aux moyens de transport, par lescanaux, les machines ä vapeur locomotives et les cheminsde fer ; chacun d'eux facilite l'atteinte du but, et ce but,c'est de mettre le grand debiitant, le d^bitant cent-million-naire, en rapport immediat avec les consommateurs lesplus eloignes, c'est d'aneantir tous les intermediaires. LeSysteme des grandes fermes, enfin, est l'application de lacentralisation ä l'agriculture; il supprime tous les petitscultivateurs, pour faire place ä un grand directeur destravaux ruraux. A mesure que l'inspection de celui-cis'6tend sur un plus vaste territoire, ce Systeme met ä sadisposition de plus enormes capitaux, il lui promet aussitoute l'assistance de la science; et comptant alors surson intelligence superieure, il lui soumet des müliers de bras,