vues d'histoire economique et sociale 113
vignes et d'arbres fruitiers entremeles avec les champs,et leur elegante culture, qui reporte l'äme ä des idees debonheur domestique, ajoute encore ä leur ravissante beaute;une 6tude plus attentive nous fera cependant reconnaitreque lä aussi on ne trouve pas de paysans, et que les travauxqui fertilisent la terre ne seraient point accomplis sansl'aide d'ouvriers qui chaque annee arrivent de l'etranger.
Ainsi la destruction ou l'expulsion de l'ordre entierdes paysans, de tout le territoire oü Rome fonda sa pre-miere grandeur, au centre de l'Europe, dans le plus beauclimat, sur le sol le plus fertile, est le premier fait surprenant,inoul, qui frappe le voyageur ä son arrivee dans la capitalede l'ancienne civilisation, dans celle du monde chretien,dans la ville qui pendant plus de deux mille ans a lev£ destributs sur une grande partie du monde connu.
Au travers des deserts, le voyageur arrive cependantä la ville süperbe qui se dessine au loin dans l'horizon,et, dans certaines directions, le dorne de Saint-Pierre frappesa vue ä une distance ä laquelle tous les autres ouviageshumains disparaissent. La cite des papes, depuis plusieurssiecles, continue ä s'accroitre en population, au milieu dela ruine de son territoire ; mais cette population parasitene comptait autrefois pour vivre que sur les tributs que lachretiente payait ä ses pontifes, sur les gages que les grandsseigneurs seculiers ou ecclesiastiques distribuaient aux nom-breux domestiques, et au cortege dont ils faisaient pompe,sur les aumönes enfin, que la charite accordait, ou que ledevoir imposait, ä de nombreuses fondations pieuses. Orces trois sources des revenus du pauvre se sont tariespresque en meme temps; tous les souverains ont travailleä restreindre les tributs que leurs sujets payaient k Rome ;
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