HO SISMONDI
rever entre ces ruines, qu'il n'est plus, comme dans lesautres capitales, sous les yeux d'une police soupgonneuseet inquiete. Les peintres et les amateurs, et les voyageurssentimentaux admirent davantage encore la campagne deRome, ces immenses däserts qui s'ötendent ä perte de vue,qui ne sont plus parcourus que par le berger de la Pouille,le laboureur de l'Abruzze ou le moissonneur de la Marche,mais oü Ton ne trouve pas une maison, pas un habitantn£ sur le sol, pas une trace de l'affection de l'homme pourla terre, pas un ouvrage humain qui n'ait au moins troissiecles d'antiquit6, et qui de plus ne tombe en ruines. Cesvoyageurs exprimeraient volontiers leur enthousiasme etleur reconnaissance pour ce sol qui, malgre sa richesse,demeure sterile, comme s'il ne voulait plus se couvrir demoissons, d'arbres et de vignes, depuis qu'il n'est pluscultive par des mains consulaires. Les peintres en m6metemps s'extasient sur les teintes chaudes et riches querefletent ces champs deserts, et sur les beautes qu'ellesprStent au paysage.
Nous devons l'avouer, toutes ces sensations, toutes ces£motions nous sont 6trangeres ; le defaut de nos organesnous a interdit presque toutes les jouissances qu'on trouvedans les arts. Nous portons envie ä l'enthousiasme qu'exci-tent les merveilles de la sculpture et de la peinture, mais ilnous est refuse' de le ressentir. Les riches teintes de lacampagne de Rome, dont nous entendons parier, £chap-pent mgme entierement ä nos yeux, pour lesquels il n'existepoint de rayon rouge ; nous sommes plus trappe" des chefs-d'oeuvre de l'architecture ; mais parmi les monumentsantiques, si quelques-uns nous rappellent des temps glo-rieux de sagesse et de vertu, le plus grand nombre et les