VUES d'histoire economique et SOCIALE III
plus imposants par leur masse, ou mßme par leur beaut£,ne redisent que cette opulence des maitres de la terre, quiavaient asservi la nature parce qu'ils avaient asservil'homme, et qui ne croyaient point l'ceuvre de cent millebras mal employee, si eile leur procurait les jouissancesd'un moment.
Ainsi, nos mauvais yeux, et les pens6es auxquelles noussommes plus habituellement livr£s, s'accordent ä d£truirepour nous tout le charme qui s£duit ä Rome tous les autresvoyageurs. Nous ne pouvons pas jouir de ses vraies beaut£s,et nous sentons, plus vivement peut-etre que d'autres, cequi lui manque. II en r&ulte que Rome nous parait undes s£jours les plus tristes que nous connaissions; Romeest triste pour nous, non point seulement de cette doucemelancolie ä laquelle on aime k se livrer, parce qu'elleegare la pensee bien loin de nous, parce qu'elle nous eleveau-dessus de notre race, dont eile nous fait voir tout ensem-ble la grandeur et la misere ; ce n'est pas que nous nesentions cette melancolie ä Rome ; au contraire, eile s'ytrouve plus qu'en nul Heu du monde ; mais ä peine il nousest donn6 de l'apercevoir au travers du spectacle d'unepauvret£, d'une destitution, d'une degradation, presentes,immddiates, qui affectent tout ä la fois une portion nom-breuse de rhumanite\ Entre tant de tombeaux, nousvoyons avant eux les lits des agonisants, nous croyonsentendre leurs gemissements, et la realite' est trop rappro-ch£e, trop instante, pour que nous puissions nous livreren sa prösence, aux reveries des Souvenirs.
La population agricole, la population des campagnes adisparu dans les quatre provinces qui entourent la capitale,l'Agro Romano, la Sabina, la Campagna marittima, et le