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DESOLATION DE LA CAMPAGNE ROMAINEOU VA LE MONDE MODERNE 1
Nous avons 6t £ appele" ä faire ä Rome un söjour assezprolong£, au moment oü nous venions de faire paraitrenotre second volume sur les sciences sociales. Trente anss'etaient £coul£s depuis notre premiere visite ä cetteancienne capitale du monde, vingt ans depuis la derniere ;l'impression que nous avons recue de toutes trois a 6t6cependant ä peu pres la m£me sous la reserve des change-ments survenus dans l'objet möme de nos observations.
La plupart des voyageurs qui chaque annee arriventen foule ä Rome considerent cette grande ville, non pointcomme une capitale comme la demeure d'une portion nom-breuse de la race humaine, qui a droit aux jouissances etaux deVeloppements de rhomme, mais comme un musee,oü des tableaux, des statues, des monuments d'antiquit£,et tous les produits divers des beaux-arts, sont exposgs äleur curiosite\ Les cent soixante ou cent quatre-vingtmille habitants qui vivent dans l'enceinte des murs deRome, ne leur paraissent qu'un accessoire. La plupartd'ailleurs se croient appel^s ä exciter leur imagination,pour ne rien voir que sous son aspect po6tique ; aussi ilss'affligeraient si la ville des tombeaux, la ville oü Tonsignale tour ä tour ä leurs regards les monuments et lesruines de tant de civilisations successives, des Isgyptienset des ßtrusques, des Grecs et des Romains, des racesbarbares qui vainquirent tour ä tour les uns et les autres
i. Etudes sur V Economic politique. Sixiime essai (Etudes sur les Sciencessociales, vol. III, p. 5 sqq., 71 sqq.).