Druckschrift 
Sismondi
Entstehung
Seite
92
Einzelbild herunterladen
 

92 SISMONDI

de cette surabondance de production, qui passe la consom-mation; de cette fabrication qui se proportionne nonpoint ä la demande, mais aux capitaux qu'on veut employer;de cette activite" des marchands qui les porte a se jeter enfoule dans chaque nouveau debouche\ et qui les exposetour ä tour ä des pertes ruineuses, dans chaque commercedont ils attendaient des profits. Nous avons vu les mar-chandises de tout genre, mais surtout celles de l'Angleterre,la grande puissance manufacturiere, abonder sur tous lesmarches de l'Italie, dans une proportion tellement sup6-rieure aux demandes, que les marchands, pour rentrerdans une partie de leurs fonds, ont et 6 Obligos de les cöderavec un quart ou un tiers de perte au lieu de ben6fice.Le torrent du commerce, repousse" de l'Italie, s'est jete"sur l'Allemagne, sur la Russie, sur le Bresil, et y a bientötrencontre' les memes obstacles...

Aucun fait ne se represente ä nous en plus de lieux, sousplus de faces, que la disproportion des moyens de consom-mation avec ceux de production ; que l'impossibilite desproducteurs de renoncer ä une industrie parce qu'elledecline, et que la certitude que leurs rangs ne sont jamais6claircis que par des faillites. Comment se fait-il que lesphilosophes ne veuillent pas voir ce qui de toutes partssaute aux yeux du vulgaire ?

L'erreur dans laquelle ils sont tombes tient tout entierea ce faux principe, c'est qu'ä leurs yeux la productionannuelle est la mfime chose que le revenu. M. Ricardo,d'apres M. Say, le r6pete et l'afnrme. « M. Say a prouve\de la maniere la plus satisfaisante, dit-il, qu'il n'y a pointde capital, quelque consideYable qu'il soit, qui ne puisse£tre employe" dans un pays, parce que la demande des