VICES DE LA SOCIETE ECONOMIQUE MODERNE 91
propose le commerce du monde ; l'augmentation du deb>ituniversel ne peut r£sulter que de la prospeYite' universelle.Ce n'est qu'autant que les hommes acquerront de nou-veaux revenus, qu'ils pourront satisfaire ä de nouveauxbesoins, et acheter ce que nous voudrons leur vendre.
Le marche' du fabricant peut donc s'etendre, et c'estle voeu le plus noble de l'homme d'litat, par le progresde la civilisation, de l'aisance, de la sürete' et du bonheurchez les nations barbares. L'Europe est arriv£e au pointd'avoir dans toutes ses parties une industrie et une fabri-cation superieure ä ses besoins ; mais si une f ausse politiquene lui faisait pas arreter sans cesse chez ses voisins lesprogres de la civilisation ; si l'Egypte avait et6 laisseeaux mains d'un peuple qui eüt besoin des arts de l'Europe ;si la Grece et l'Asie Mineure 6taient tirees de l'oppressionsous laquelle elles gemissent ; si les victoires remporteessur les Barbaresques avaient 6te mises ä profit, en rendantdes cötes d'Afrique a la vie sociale ; si l'Espagne n'avaitpas ete soumise ä un despotisme qui en detruit et en ruinela population ; si les independants de l'Amerique espagnole^taient proteges, de maniere ä les faire jouir des avantagesauxquels la nature les appelle ; si les Indiens sujets del'Europe ötaient amalgames avec les Europäens ; si lesFrancs £taient encouragös ä s'6tablir parmi eux, au lieud'en 6tre repoussfe ; la consommation dans ces diversescontrees s'augmenterait assez rapidement pour employertout ce travail surabondant, dont l'Europe ne sait aujour-d'hui que faire, et pour mettre un terme ä cette detressedans laquelle les pauvres sont plong£s.
Que l'on parcoure les rapports du commerce, les jour-naux, les r^cits des voyageurs, partout on verra des preuves