VICES DE LA SOCIETE ECONOMIQUE MODERNE 73
dant qu'ils se sentent assures que leur ouvrage sera paye*ä son prix.
D'ailleurs, le gros fermier fait une dconomie imm6-diate par l'6tat de misere auquel il a röduit les famüles delaboureurs. Mille arpents etaient cultiv6s, dans le Systemedes petites fermes, par cinquante famüles vivant dans unehonnete aisance ; un gros fermier, pour faire du m6meterrain une seule ferme, leur substituera d'abord cinquantefamüles de journaliers qui vivront dans la pauvrete"; ügagnera par consequent toute, la diff^rence entre leurconsommation et celle de leurs pr£d£cesseurs. Peut-onconsiderer un tel ben6fice comme avantageux ä la nation ?
Cependant le fermier en fera bientöt un second de m£menature ; il congödiera ses journaliers, il mettra en cultureleur vülage, et ü comptera, pour accomplir son ouvrage,sur des ouvriers appeles de loin, dans la saison des travauxruraux.
Apres avoir mieux vendu ses denrees, et moins pay£ses travaüleurs, le fermier de müle arpents sera certaine-ment en £tat de payer une plus grosse ferme au propri6taireque les cinquante petits fermiers qu'ü aura deplaces. IIcommencera par le faire, il rasera les humbles cabanes quisont devenues inutiles ä son exploitation, ü fera passer lacharrue dans le jardin, dans le verger d'oü chaque petitmanage tirait ses jouissances ; U arrachera les clötures quin'ont plus de but, et soumettra ses mille arpents ä unerotation uniforme de recoltes. Mais alors le propri£taireaurait beau vouloir revenir ä la petite culture, ü n'en auraplus les moyens. II lui faudrait une avance nouvelle etconsid£rable de capitaux pour tout remettre dans l'ätatprimitif. La grande ferme ne convient plus qu'ä de grands