74 SISMONDI
fermiers. Personne ne peut y songer s'il n'a un capital süf-fisant pour faire valoir mille arpents de terre. Le riombrede tels entrepreneurs est tout autrement limite que celuides fermiers laboureurs qu'ils ont remplaces. Ils sont aise-ment ä portee de s'entendre, ils evitent de se faire uneconcurrence dangereuse ; bientöt ils se trouvent en etat dedicter la loi au proprietaire, et le gros fermier qui a plusgagn£ que le petit sur la vente de ses denrees, qui a plusgagne que le petit sur l'entretien de ses travailleurs, gagneencore plus que le petit dans son marche avec le proprietaire.
C'est ainsi que, lorsque le Systeme des grandes fermesse trouve en collision avec celui des petites, sans que ledernier soit proteg6 ni par la loi ni par l'opinion, le premierdoit l'emporter quoique la soci6te n'y trouve aucun avan-tage. Le petit fermier, le petit proprietaire peuvent setrouver dans l'impossibilite de soutenir la concurrence deleur riche voisin, sans que ce fait, assez frequemmentremarques doive faire rien conclure en faveur du Systemevictorieux, consid6r6 sous le point de vue de la prosp6ritenationale.
Les avantages dont nous venons de parier tiennenttous aux conditions que les gros fermiers sont en etatd'imposer ä ceux avec qui ils traitent. Quelques autresresultent d'un accroissement reel de richesse. Le petitfermier, ou le petit proprietaire, emploie rarement uncapital süffisant m£me pour sa petite exploitation ; il esttoujours presse de vendre, il est rarement en etat d'achetera temps. D'autre part le grand fermier epargne beaucoupde temps qui est perdu par le petit. La direction d'unouvrage demande ä peu pres le mßme degre d'attentionet de fatigue sur quelque echelle qu'il soit entrepris, et