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Sismondi
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72 SISMONDI

est appel£ ä soutenir, avec les consommateurs, avec lespropri£taires de terres, et avec les ouvriers qui travaülentpour lui. II peut augmenter ses profits, soit en vendantplus eher ses denr£es, soit en payant moins de fermage, soiten contraignant les journaliers ä se contenter d'un moin-dre salaire. Pour chaeune de ces Operations, le gros fermier,le fermier qui dispose de gros capitaux, est place' plusavantageusement que le petit.

Vis-a-vis des consommateurs, plus le nombre des fer-miers est r£duit, et plus il leur est facile de s'entendrepour donner ä leurs denr£es un prix de monopole. Onrencontre dans l'Etat Eccl6siastique plus d'une ville quisetrouve enclav^e dans une ferme. II est bien certain que leshabitants de Nepi, ou ceux de Ronciglione, sont dans unedependance absolue du fermier qui les entoure de toutesparts, ils achetent de lui seul toutes les denrees qui nepeuvent pas souffrir de longs transports ou se garderlongtemps, comme le laitage, les herbages, la volaille. Sila ville de Velletri confine avec quatre fermiers, ou celle deTivoli avec dix, la condition des consommateurs y serad'autant moins mauvaise qu'ils auront plus de pour-voyeurs; et plus les fermes seront petites, moins les fer-miers pourront exiger un prix de monopole.

Vis-ä-vis des journaliers, les fermiers exercent un mono-pole tout semblable. Les habitants de Nepi ou de Ronci-glione, lorsqu'ils offrent leur travail contre un salaire,n'ont ä traiter qu'avec un seul homme, qui est maitreabsolu de les r£duire au plus bas terme possible. Ceux deVelletri peuvent esperer une coneurrence un peu plusgrande entre quatre voisins, ceux de Tivoli une coneurrenceun peu plus grande encore entre dix ; il s'en faut bien cepen-