CRITIQUE DE LA CHREMATISTIQUE 4 1
valeur empruntees aux differents maitres de la science etcomparees. II n'y en avait pas deux d'identiques, pas deuxqui rendissent precisement la m6me idee. Nous n'essayeronspas d'6tre plus precis que nous ne l'avons ete" autrefois,ou plus heureux que nos maitres. Nous prendrons le motde valeur tel que l'usage nous le donne, avec le degre d'am-biguite qui lui reste attache. Nous remarquerons seulementqu'il y a un de ses sens, le sens etymologique, sur lequelil ne reste aucun doute, c'est la valeur echangeable, c'estl'egalite d'une chose a une autre chose, pour laquelle lecommerce est pret ä la troquer.
On a, avec raison, admire dans le commerce la fraternite"qu'il a etablie entre les hommes, l'activite' avec laquelleil les a fait concourir ä l'utilitö commune, les notions dejustice et d'elgalite qu'il a repandues; mais on n'a pas remar-ques ä quel point il öte aux richesses leur caractere primitifd'utilite, caractere que l'imagination continue cependanttoujours ä leur attacher, et comment il ne leur laisse plusque leur valeur echangeable. C'est l'opposition entre lavaleur usuelle dont chacun a le sentiment en soi-m6me,et la valeur echangeable ä laquelle le commerce a r6duittoute chose, qui rend impossible de donner une definitionsatisfaisante de ces mots divers, prix, valeur, richesse. Maisles effets de l'amphibologie ne s'arrStent point lä. C'est laconfusion entre l'appreciation d'une valeur usuelle et celled'une valeur echangeable, qui se trouve au fond de la decep-tion des systemes modernes de chr£matistique.
Tant que les hommes travaillent pour satisfaire a leurspropres besoins, et qu'ils n'echangent entre eux que leursuperflu, l'utilite est pour eux la vraie mesure des valeurs,et l'augmentation en quantite d'une chose utile est une