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Sismondi
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40 SISMONDI

abstractions pour rentrer de nouveau dans le domaine desfaits.

Jusqu'ici nous nous sommes occupe des biens que pro-duit la terre, et des hommes qui se les partagent. Cesbiens sont utiles, sont necessaires ä ceux memes qui lesfönt naitre ; aussi leur valeur est intrinseque ä plus justetitre que ceux qu'on designe communement par cettedenomination ; eile est independante de tout behänge, eileest anterieure ä tout commerce. Mais nous arrivons ä prä-sent aux biens que l'industriel produit pour l'usage d'autrui,et non pour son propre usage, aux biens qui ne commencentä lui etre utiles qu'au moment oü il les echange, qui n6ces-sitent par consequent le commerce ou l'art des echanges.Nous les avons compris sous le nom de richesse commer-ciale, et nous designons ainsi tous les biens qui ne sontappreci6s que par leur valeur echangeable.

Qu'est-ce que la valeur, cependant ? Les biens n'ont-ilspas une valeur reelle independante des fluetuations dumarche ? Les biens qui sont le plus necessaires ä la vie,Fair, l'eau, le feu par exemple, sont-ils sans valeur ? C'estici que s'est presente ä l'esprit des economistes un chaos,une confusion d'idees dont il leur a ete impossible de sortir.II n'y a pas un d'eux qui n'ait donne une definition nouvelledu mot valeur, qui n'ait travaille ä 6viter l'inconsequencede ne pas savoir distinguer ce qui est utile ä l'homme et cequi lui est inutile ; qui n'ait analys^ separement, et le prixde produetion et le prix d'affection, et le prix de monopoleet le prix nominal, et le prix r6el, et bien d'autres modifi-cations encore qui n'ont servi qu'ä rendre les notions plusconfuses. Nous nous souvenons d'avoir vu, dans un Journalitalien, une vingtaine de d6finitions des mots prix et