INTRODUCTION 21
bliques italiennes du Moyen A ge. Les mornes volumes (plusde quarante en tout) de son Histoire des Francais vinrentsombrer Tun apres l'autre dans l'indifference generale.II s'interessait bien ä des causes pour lesquelles se passion-nait l'opinion liberale : abolition de la traite et de l'escla-vage, liberte de l'Italie. Mais les opinions heterodoxes qu'ilavait affirmees dans ses Nouveaux Principes faisaient delui un penseur excentrique, que tous regardaient de travers.
L'insurrection ouvriere de Lyon est, en 1834, ecraseedans le sang. Sismondi, ä Geneve, « fache tout le mondecontre lui » en declarant « les massacres de gens inoffensifspar les moderes et les amis de l'ordre, la chose la plusatroce de ces quarante-cinq annees de revolution » : levoilä donc class6 par la bourgeoisie genevoise parmi lesjacobins. Mais les radicaux suisses reclament la transfor-mation de la Suisse en une democratie une et indivisible :et c'est assez pour rejeter Sismondi, ennemi de toutecentralisation, federaliste impenitent, dans le clan desaristocrates. Malade, ayant fait par amour un managequi fut bon sans etre — loin de lä — delicieux, il finitses jours en vieillard solitaire et hypocondriaque. Sesvoisins racontent qu'en haine de la surproduction il donnela preference, pour le labour de son champ, au journalierle plus lent et le plus vieux, et pour la reparation de samaison, ä l'ouvrier le moins en vogue. En France, ä Parisqui le comprend ? Villerme, dans un memoire sur l'etat desclasses ouvrieres, ne cite pas son nom ; et Sismondi enconQoit quelque aigreur. De Villeneuve Bargemont, dansson liconomie politique chretienne, lui rend hommage :mais c'est un hommage dont Sismondi se passerait bien.