INTRODUCTION 15
Voici donc en quoi consiste, selon Sismondi, le vicefundamental de l'economie politique orthodoxe. Elle seplace non pas au point de vue de la societe prise dans sonensemble et sa complexite, mais ä celui du propri£tairequi s'enrichit par la vente des produits de ses terres et deses usines. Bien qu'elle ait refute definitivement l'erreur dumercantüisme, eile constitue un mercantilisme d'un nou-veau genre, ne considere que les interets du marchand,et pense avoir assure par lä les interets de la collectivitetout entiere, ce qui serait vrai seulement si eile se composaittout entiere de marchands. Elle n'est pas economie politi-que veritable, art d'amenager la cito dans l'interßt general,mais art de l'enrichissement individuel, « chrematistique »,selon le mot cr66 par Sismondi. D'oü ses incoherences.II est naturel que tout ce qui interesse le propri6taire,ce soit l'accroissement du « produit net » du travail humain,alors que ce qui interesse le genre humain, c'est l'accroisse-ment du « produit brut ». II est naturel que ce qui interessele proprietaire, ce soit, pour parier le langage de la scienceeconomique, la « valeur echangeable » des objets qu'iljette sur le marche, le prix auquel ils vont s'echanger contred'autres objets, alors que ce qui importe ä la societe, c'estleur utilite, leur « valeur usuelle ». Les doctrinaires de la« theorie des debouches » ne veulent envisager que desproducteurs independants, ^changeant les uns avec lesautres, une fois satisfaite une partie de leurs besoins indi-viduels, l'excedent de leurs productions, afin de satisfaireä d'autres besoins tout en satisfaisant aux besoins d'autreshommes. En quoi ils ne comprennent pas le caracterevrai de la societe moderne, de cette societö industrialiseedont ils se piquent d'etre des interpretes : les chefs de la