Druckschrift 
Sismondi
Entstehung
Seite
4
Einzelbild herunterladen
 

SISMONDI

s'etablir ä Geneve. Point de doute, c'€tait la mtoe famille.Charles Simond devint Simonde de Sismondi, S. de Sis-mondi, de Sismondi. On riait ä Geneve de voir l'honnetebourgeois revenir d'outre-monts affüble d'un titre pitto-resque. Mais ces naives supercheries finissent par reussir :il n'y faut que du temps. Combien de gens se doutentaujourd'hui que Sismondi ne portait pas ce nom-lä ennaissant ?

Revenu de Toscane ä Geneve, Charles Simonde (quenous appellerons desormais, comme tout le monde, Sis-mondi) se Ha avec Mme de Stael, et devint, avec BenjaminConstant, un des familiers de Coppet. Allait-ü apres' l'An-gleterre et l'Italie, decouvrir TAllemagne ? La decouvertene semble guere avoir exerce d'action sur son esprit. QueJean de Müller ait Oriente ses recherches historiques, c'estpossible ; mais il n'y a rien de specifiquement« germanique »dans le genie de Jean de Müller. Quant au tres germaniqueet tres encombrant Schlegel, il l'abomine. Et si, dans lememe temps oü se poursuit la publication des seize volumesde sa monumentale Histoire des Rdftubliques italiennes,il se plonge dans des recherches de litterature comparee,forme le projet d'etudier, dans deux ouvrages separes,la litterature du Midi et la litterature du Nord, c'estseulement le second projet qu'il realise : il demeure prison-nier du monde latin.

II lui restait pourtant — si paradoxale que la chosepuisse paraltre au premier abord — ä faire la decouvertede la France. Sismondi n'aimait ni la France d'autre-fois, celle de la Saint-Barthelemy et de la Revocation de