L’AMOUR EN RUSSIE
eux, et l’on assurait qu’à l’occasion il ne luiépargnait pas les coups. C’était une femmedélicate et fine qui gardait dans ses aventuresune certaine fierté. Ce que je sus d’elle alors, jel’appris par des amis, car elle-même ne me parlaitjamais de sa vie avec son amant. Elle me plaisait ;je lui faisais la cour ; je l’accompagnais souventau théâtre lorsqu’elle jouait et, parfois, noussoupions ensemble avant que je la raccompa-gnasse chez elle. Finalement, un soir, c’étaitpeu après les fêtes de Noël, elle accepta de venirdîner dans mon appartement et, après dîner,elle se donna à moi avec une charmante simpli-cité. Vers minuit, elle regarda sa montre et medit qu’elle voulait rentrer pour une heure dumatin. Il faisait une nuit très froide. Quitter latiédeur de mon lit pour aller courir les rues parune bise glacée n’avait rien de séduisant. Maisje ne pouvais garder Sonia Grigorievna et, aprèsla soirée que nous avions passée, je lui devais dela raccompagner.
Nous voici donc en traîneau. Il y avait peu demonde dehors, car la température était terrible.Nous arrivâmes transis sur la Fontanka, près