VERA ALEXANDROVNA
bijoutier voisin de l’hôtel de l’Europe, qui lelui avait remis en échange d’un petit bijou qu’elleavait vendu.
Comme Ture Ekman protestait, refusait dereprendre son argent, jurait que la peinture dePaul était fort intéressante, elle l’interrompitavec impatience et dit :
— Ne mentez pas, je vous prie. Vous m’avezrendu un grand service. J’ai rompu avec Paul,je ne le reverrai de ma vie, je me suis trompéesur lui. J’étais très jeune, monsieur Ekman ;j’ai cru que c’était un grand artiste ; j’ai vécudans le mensonge. Grâce à vous, je vois clairaujourd’hui. Mais j’ai appris autre chose encorehier, c’est que vous êtes un homme noble, et iln’y a rien de plus grand au monde.
Notre bon Suédois se mit à rougir. Sa sur-prise était si grande qu’il ne savait quelle minefaire. Cette charmante jeune fille était là, presquedans ses bras, toute tendue vers lui ; il se rendaitcompte qu’un autre, plus audacieux, aurait àcet instant une belle partie à gagner. L’émotionde Véra, la sienne propre, cette chambre tièdeoù ils étaient tous deux enfermés,., il eut comme
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