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L’AMOUR EN RUSSIE
Un jeune officier qui court les femmes, lesfilles et les soupers n’est pas un Don Juan. Ildépense un surplus de force, sans choix, auhasard de rencontres où il ne mêle que la partieanimale de lui-même.
Don Juan est une volonté qui n’abdique ja-mais. Il domine, et les événements, et les femmesqu’il presse dans ses bras. Quoi qu’il arrive, ilreste maître de soi.
Le souci de la maîtrise de sci est un sentimentétranger à l’âme russe. Elle a, du reste, des dé-tentes si brusques qu’elles défient tout crand’arrêt. Le Russe ne cherche pas à dominer et àêtre vainqueur dans l’éternel duel de l’amour.Aime-t-il ? il met son orgueil à se laisser tyran-niser par sa maîtresse. Il trouve une joie amèreà s’abaisser. En lui, l’idée de sacrifice est tou-jours forte. Il croit se grandir ainsi aux yeuxmêmes de l’être auquel il se donne. (Fataleerreur !) A l’avance il est prêt à accepter toutesles humiliations, et la femme ne les lui ménagepas. Que nous sommes loin du don juanisme !
Cet abandon de soi-même a de multiplesconséquences. J’en indique une de caractère
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