L’AMOUR EN RUSSIE
solution paresseuse, le monde est là pour lecontraindre à l’action. Famille, voisins, amis,relations de cercle ou d’affaires ne lui laissentpas la possibilité de vivre à sa guise. Il sent lepoids de l’opinion publique, hélas ! toute-puissante sur un homme sociable et qui ne s’ap-partient pas.
Cette contrainte est si ancienne dans nossociétés occidentales qu’elle n’a plus besoin des’exercer extérieurement tant elle a gagné d’em-pire à l’intérieur des âmes. On en arrive à sedemander si la plupart de nos contemporainssont capables d’un acte spontané, jailli du fondd’eux-mêmes, et si, aujourd’hui, en face d’unfait donné, ils ne réagissent pas automatique-ment, en suivant les ordres secrets imprimésen eux par une tradition séculaire de vie menéeen société et sous le regard des voisins. L’indi-vidu échappe à cet esclavage en Russie.
Ce qu’il fait de sa liberté au delà de la Vistuleest une autre affaire ; mais, s’il la sacrifie, cen’est pas à un faux point d’honneur et à desconvenances qui n’ont, à ses yeux, rien à voirdans la matière.
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