Iragée, c’est au bruit de lois imfàmes et de scanda-leuses victoires qu’ils croient étouffer la consciencemême, comme s’il étoit aussi facile d’éteindre chezl'honnête homme ce rayon de divinité qui brille daussou âme, que de bouleverser les empires!
Vingt années se sont écoulées... Et nous, témoinscl victimes de ces déplorables révolutions, nous nesommes encore entourés que de ruines, ruines vivan-tes nous-mêmes de l’ancienne constitution de la société.L’égalité de tous les orgueils, la liberté de toutes lespassions ont tout déplacé , tout bouleversé. La sociétéentière a été mise en lambeaux, et l’esprit et le coeurde l'homme, dépouillés de tous principes de vérité, devertu, de ces objets d’affection si nobles et si purs,De savent plus à quoi se prendre dans la constitutionde la société. « Les terres trop remuées tombent de_ « toutes parts et n’offrent plus que d’effroyables préci-« pires ( * )• » J’appelle ainsi tant d’erreurs témérai-res et extravagantes, tant d’essais non moins absur-des que l’on voit paroître tous les jours. Depuis long-temps les passions avoient enlevé ou abattu dans lesconsciences, comme dans les institutions, tout ce quisopposoit à elles. Uu gouffre dont l’œil ne peutmesurer la profondeur, tel est l’héritage quelles nousont transmis! Qu’est devenu cet antique ordre ducl* rgc exerçant sur les esprits et sur les coeurs uneinfluence si sal .ii.iùc ? Quelques prêtres surviveut àtoutes les proscriptions ; à peine le soin de quelquesvaines cérémonies leur est-il laissé. Jadis ils com-mandoient notre respect, heureux aujourd’hui quandils peuvent exciter noire pitié! Où soûl ces gentils-hommes, sans peur et sans repoche, fermes appuisdu trône non moins par leur inébranlable fidélitéque par leur valeur? Où sont ces généreux défen-seurs de l’opprimé, de la veuve et de 1 orphelin, cesantiques modèles de toutes les vertus, gardiens incor-ruptibles de la justice et des droits de tous, placéssous la sauve-garde de l’honneur? Sans propriétés, sanscon-sidération, acc ablés sous le poids de toutes les oppressions,semblables aux premiers chrétiens livrés aux bêtes dansl’arène, quelques-uns existent encore nuds et désar-mas, au milieu des passions populaires, toujours ru-