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la noblesse et le clergé , et la royauté elle-même , toutfut abîmé dans le gouffre de la révolution. Alors il fitnuit dans la société: les institutions et les idées mora-les sur lesquelles elles s’appuyoient et qui leur servoientde bases, étant effacées, un esprit de vertige, un déliresurnatutel s’empare des peuples. Les plus monstrueusesabsurdités sont proclamées, érigées en lois, que dis-je,divinisées. L’homme a voulu s’ériger en législateur ,la raison a voulu réformer l’ouvrage de la religion : laDéesse Raison , tel est le fruit du progrès des lumières,de la perfectibilité indéfinie de l’intelligence! Aprèsdix-huit siècles de civilisation , nous voyons se renou-veler au sein du christianisme toutes les abominationsdu paganisme, et de monstrueuses divinités, dignes deleurs nouveaux adorateurs, sont encore le fruit de tou-tes les passions. La cupidité, l’orgueil, l’impiété leurapportent leur épouvantable dévouement. De nouveauxassassins, de nouveaux Seides, satellites du Mahometmoderne, du nouveau prince de la montagne, ani-més du double fanatisme du carnage et du pillage ,ravagent et la patrie et l’univers au nom de la loi etde la victoire. La loi unique, cruelle, est le honteuxflambeau de ces hommes nouveaux qui ont abdiquéleur conscience. La victoire sanglante, impie, le man-teau de toutes les infamies; le succès, le plus grandde tous les désordres, en devient l’apologie. Jadisc’étoit - dans l’élévation de ses pensées et de ses senti-mens que l’homme trouvoit toute sa grandeur. Le corpsn’étoit que l’instrument de l’intelligence, le serviteurde la royauté de notre àme: ici le motif n’est rien,le succès est tout; l’esprit plus encore que la lettretue; la loi assassine, la victoire déshonore; et ellesjustifient. Fille d’un brutal matérialisme, une horri-ble certitude toute matérielle , remplace cette hautedignité dont notre âme avoit été dotée par la reli-gion, cette conviction profonde du vrai et du bien tjuis’élève au-dessus des résultats et 1ers même qu ilssont heureux, ne les juge que par la noblesse desintentions. Les places, les grades, les succès, ce qu’onvoit, ce qu’on touche, ce qui frappe les sens, voilàles vertus, voilà l'honneur de ces hommes nouveaux!A chaque cri de la moraie indignée, de la vertu ou-