pouillé ses défenseurs naturels et de leurs fonctions es-sentielles et de leurs mœurs antiques. I! avoit élevéentre lui et ces mêmes défenseurs un corps intermé-!diaire et ce corps étoit devenu son ennemi non moinsque celui de la noblesse. Alors désarmé de tous sesappuis, battu de toute part par les idées populaires ,Je pouvoir tomba sans défense sous les coups de ces pas-sions féroces qu’il s’étoit mis hors d’état de contenir;Mr. et ces maximes impies et sauvages (*) si imprudem-l>0 ' ment remuées par les uns, si imprudemment toléréesou applaudies par les autres, descendues dans les der-nières classes de la société, livrèrent la royauté mêmeen proie à la plus féroce populace. Ainsi fut effacé cequi lesloit encore de nos anciennes institutions, foiblesimages de la haute hiérarchie de l’antique ordre social ;ainsi passa dans la législation ce qui n’avoit encore étéque dans les opinions, et la société fut constituée ensens inverse par les lois comme elle l’avoit été depuislongtems par les idées.
Ainsi comme nous avons vu toutes les vérités formerdans Jeurs réalisations successives la hiérarchie de lasociété, nous voyons les erreurs se succéder, s’enchaî-ner, faire corps pour ainsi dire; nous voyons les dés-ordres naître de l’oubli et du mépris de la loi divine,seule ancre de salut , seule règle invariable des pensées,et des actions. La noblesse d’abord avoit commencépar se séparer du clergé, elle finit par se diviser enelle - même. Les sectes déchirent l’unité de l’é-glise , et séparent les fils de l’épouse de ceux de l’é-trangère. Des opinions mensongères , conséquences iu-apperçues de ces doctrines perverses se glissent insensi-blement jusque dans le sein même du clergé et détachent,en quelque sorte, les membres de leur chef. On peutdire que, depuis les libertés de l’église gallicane, le cler-gé de France ne tenoit plus à l’église romaine que parun fil. Enfin la royauté éloignée d’abord par une se-crète impulsion du pouvoir de l’église, proclame, aunom même du clergé, son indépendance absolue de toutpouvoir spiiituel. Alors tomes les parties de l’antique■édifice de la société s'étant détachées de la religion, clefde la civilisation, elles tombèrent les unes sur les autresBYeo unJracas effroyable ;el les lois et les moeurs, et