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mercenaires, dégénérée ainsi de sa première institu-tion, si la force armée devenait plus disponible entreles mains du pouvoir, elle étoit aussi moins défen-sive et pouvoit même devenir offensive et dangereuseà la tranquillité publique; et elle étoit, comme l’ob-serve M. De Bonnald, un véritable principe démocratiqueau milieu d’une constitution monarchique. Cette innova-tion cette lutte devenue permanente entre les deuxordres du ministère public, les empiétemens du mi-nistère politique sur les droits du ministère religieuxdéveloppèrent dans les esprits un dégoût sensiblepour les institutions antiques et les préparèrent àrecevoir la semence de cette parole de trouble quiéclata au commencement du seizième siècle. Alorsfurent proclamés les deux dogmes correspondans dela démocratie religieuse et de la démocratie politique.Alors se rompit ce lien qui unissoit entr’elles toutes lesdifférentes parties des deux ordres religieux et politique.Déjà les rois s’étoient en quelque sorte détachés du pou-voir spirituel de l’église. L’église elle-même fut alors divi-sée par les sectes qui déchirèrent son unité. Cet éclatdont avoit brillé une constitution toute parfaite, s’efface, etle genre humain.suivant une marche rétrograde, s’ap-proche à grands pas des ténèbres d’une idolâtrie nou-velle. INous avons déjà remarqué que le paganisme fit alorsen quelque sorte irruption au sein du christianisme,l’influence qu’exerça sur la hiérarchie de la société laprétendue réforme de la religion ne fut pas moins dé-sastreuse que celle qu’avoit exercée sur la hiérarchiedes connoissances le prétendu renouvellement deslettres (i).
(1) Un effet général et constant suppose toujours une cause géné-rale ; et c’est effectivement en remontant an principe général dessociétés, et aux dogmes particuliers de la réformation, que nousdécouvrirons le levain de toutes les révolutions qui ont agitél’Europe depuis la naissance dn Luthéranisme. La société domes-tique , où la famille, élément naturel de toute société publique,avoit été jusqu’à Luther, chez les peuples chrétiens, conformeà l’ordre naturel des sociétés, et constituée monarchiquement, lareligion, d’accord avec la nature, avoit consacré dans l’hommel’unité de pouvoir ; la femme , premier ministre de l’hommepour la formation et la conservation de la famille , étoit subor-