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La noblesse déjà séparée flu clergé, afïoibüe darwsa constitution tnêriie par l'introduction des troupes sol-dées,
donnée à son époux, recevoit de lui l’autorité qu’elle exerçoitsur la maison, et l’indissolubilité du lien conjugal, érigée endogme religieux et politique, rendoit, du vivant des époux, cetordre immuable, et la société indestructible. Luther fit révo-lution dans la famille, eu y introduisant le système démocra-tique, je veux dire, l’égalité légale de droits entre le mari etla femme, le fort et le foible, puisqu’il permit à la femmede se constituer juge de la conduite de son époux , et de sesoustraire, par le divorce, à son autothé, pour se donner unautre maître du vivant du premier, et former ailleurs une nou-velle *ocié é. C’étoit aller beaucoup plus loin que le législateurdes juif,, qui ne donnoit qu’au mari la faculté de répudiation,et bitix loin de diminuer l’autorité maritale, ne falsoit par-làque la rendre plus absolue, et même excessive. Aussi , commeje l’ai dit dans le Divorce considéré au dix-r.euvicme siècle ,11 La répudiation, chez les juifs, étoit un acte de juridiction,h même lorsqu’elle n’étoit pas un acte de tustice.n D’ailleurs onlie pouvoit pas donner, chez des chrétiens, pour motif à lafacu té du divorce, la dureté du cœur comme chez les juifs,parce que, sous la loi nouvelle, il n’y a point de cœurs duisque la grâce ne puisse amo lir, et que , pour parler le langagede !a politique , les lois foibles et imparfaites ne conviennentqu’aux peuples enfitns.
La religion cluétienne avoit été jusqu’à Luther constituéemonarchiquement, soit dans les rapports intellectuels qu’elleétablit entre Dieu et l’homme so ; t dans son régime extérieur.Le divin fondateur de celte société en étoit le chef invisiblepour agir invisiblement par sa grâce sur l’homme intérieur ,et il avoir drus l’univers extérieur un lieutenant ou repré-sentant vLible, pour agir par la parole et les autres moyensextérieurs sur l’homme sensible , et maintenir la paix et l’ordredans la société par l’uniformité extérieure de doctrine et dediscipline. Ce fut cette monarchie extérieure de la sociétéreligieuse , tempérée néanmoins par des lois fixes et fondamentales ,comme dans tout état naturellement Constitué, que Luther traitade despot'sme intolérable , et qui devint le texte favori de safougueuse éloquence et le mot de ralliement de ses sect:leurs;Luther fit donc révolution dans la religion. « H ramena, dit» l’auteur de l'Essai , l’église saxonne à la démocratie du premier11 âge; et les églises qui ont suivi Calvin, sont constituées» plus démocratiquement encore,»
Le droit d’examen et d’interprétation des divines écrituresque les diverses communions s’accordent à regarder comme lecode commun de toutes les sociétés chrétiennes , fut laissé àla raison ou à l’inspiration de chacun.
Dès que chacun put interpréter le sens des lois , il n’y eutplus de loi fixe, ou plutôt il y eut autant de lois différentesque d’interprétations diverses. Chacun lut juge, chacun futl’arbitre de sa propre croyance, et chercha à le devenir dela croyance des autres. De là le nombre prodigieux de sectes
différentes
s